La forêt amazonienne brûle, la biodiversité est en chute libre, la température monte, le poisson disparaît de l’océan… Bref, l’actualité n’en finit pas de nous rappeler que nous vivons l’une des plus graves crises environnementales. Passée la colère, on se demande tous et toutes comment agir. Et bien l’un des principaux leviers, et certainement le plus accessible, c’est de modifier notre alimentation et la manière dont on fait les courses en mangeant local, de saison et en circuit court. Suis-moi, tu vas voir c’est facile !

Mange local

Un aliment local, c’est un aliment qui a été produit prêt de chez toi. Généralement, on admet que c’est quand il provient de 150km autour de là où tu vis. Mais comme le terme est assez flou, tu peux l’adapter en fonction de tes valeurs et possibilités en privilégiant des produits qui viennent de ton département, ta région, ton pays.

Manger local, ça permet de : 

🚚 Réduire la pollution liée aux transports

Si tes aliments sont produits près de chez toi, c’est qu’ils n’ont pas traversé la moitié de la planète en avion, en bateau et en camion. Acheter local, c’est donc une première fa!on de limiter la pollution liée au transport des denrées alimentaire.

🚮 Limiter le gaspillage alimentaire

Moins ils viennent de loin, moins les fruits et légumes ont de risque de s’abimer ou de pourrir pendant le transport. Acheter local, c’est donc éviter ce gaspillage inutile !

👨🏼‍🌾 Valoriser des savoirs-faire traditionnels

En achetant des productions locales, tu fais vivre le patrimoine gastronomique de chez toi. C’est le cas quand tu achètes un camembert fermier produit artisanalement par un agriculteur du coin…plutôt qu’un camembert de supermarché produit en usine par l’industrie laitière.

😌 Se faire plaisir

Un fruit ou légume local, c’est un produit qui a muri naturellement et a été cueilli à maturité (contrairement à certains fruits et légumes qui viennent de loin et murissent dans des conteneurs sous l’action de divers produits). C’est souvent bien meilleur en goût, mais également pour ta santé.

…ET de saison

Manger local c’est déjà bien, mais tu peux faire encore mieux ! Tu as sûrement dû entendre ou lire qu’il faut manger « local et de saison ». Je t’explique. On dit qu’un produit est « de saison » quand il arrive naturellement à maturité dans la zone où il est produit. Le producteur a respecté le cycle naturel de croissance de cet aliment.

Exemple : En France, les courgettes sont de saison en été, car elles poussent naturellement de juin à août.

À l’inverse, on dit qu’un produit est « hors saison » lorsqu’il est importé ou cultivé à proximité dans un environnement contrôlé et/ou modifié.

Exemple : Les tomates consommées en hiver en France sont soit importées, soit produites localement dans des serres chauffées.

Manger local ET de saison permet d’éviter l’importation de denrées alimentaires ET les méthodes de productions énergivores. C’est donc le meilleur combo pour réduire l’impact négatif de ton alimentation sur l’environnement

SAVOIR UTILE : S’il paraît assez évident que les fruits et légumes ont une saisonnalité, on oubli souvent que c’est aussi le cas pour les animaux et les produits issus des animaux. Prenons les produits laitiers et fromages par exemple : ils sont produits par des animaux qui ne donnent du lait qu’à un moment bien précis (après avoir donné naissance à un petit). La qualité et la quantité de lait dépendent de cet élément, mais aussi de la saison et du type de nourriture (pâturage en été VS fourrage en hiver).

Passe au circuit court

Manger « local et de saison », c’est déjà un grand pas pour l’environnement. Mais tu peux aller encore plus loin avec la notion de « circuit court ». Derrière ce terme technique se cache une définition toute simple établit par le ministre de l’Agriculture en 2009 :

« Un circuit court est un circuit de distribution ou il y a zéro ou un intermédiaire entre le producteur et le consommateur »

Acheter en circuit court, ça permet de :

💶 Soutenir les agriculteurs et agricultrices

En France, 30% des agriculteurs et agricultrices gagnent moins de 350 euros par mois. Non mais tu te rends compte ? 350 €…PAR MOIS ! Une vraie misère pour ces gens sans qui tu ne pourrais tout bonnement pas te nourrir. Dans les circuits longs, comme les supermarchés, le principal critère est pourtant le prix. La grande distribution est connue pour faire pression sur les agriculteurs et brader le fruit de leur travail. En achetant en circuit court, tu cesses d’encourager ce système destructeur tout en donnant un sérieux coup de pouce aux agriculteurs proches de chez toi. Deux en un !

📈 Faire marcher l’économie locale

Quand tu fais tes courses chez Super U ou Auchan, tu donnes ton argent à une énorme entreprise, voire à une multinationale. Autant dire que tu ne sais absolument pas où il part et s’il entrainera des retombées économiques autour de chez toi. En revanche, en faisant tes courses en circuit court, chez des commerçants et des agriculteurs proches de chez toi, tu t’assures que ton argent va faire fonctionner l’économie locale.

SAVOIR UTILE : Si tu veux te la péter devant tes ami·e·s, sache qu’on regroupe ces différentes notions sous le terme de « circuit court et de proximité ». C’est pratique, parce que ça englobe les trois concept que tu viens de découvrir dans cet article.

Fais tes courses ailleurs qu’au supermarché

Tu l’auras compris, pour consommer en circuit court et de proximité, il faut mieux éviter les supermarchés. Heureusement, il y a plein d’autres endroits où aller faire des courses éthiques et écolo où que tu habites ! Tu peux commencer par changer tes habitudes une fois par mois, puis par semaine jusqu’à ce que ça devienne une habitude.

Voici une liste des principales alternatives aux supermarchés :

 

🍅 Le marché

Fabuleux pour leur ambiance, les marchés sont également un très bon endroit pour faire ses courses en circuit court et de proximité. Essaye de cibler les étales tenus par des agriculteurs, à l’inverse de ceux tenus par des revendeurs (qui s’approvisionnent chez des grossistes, donc circuit long). C’est facile : quand ils y a trop de fruits et légumes différents ou que tu aperçois des produits qui ne sont pas de saison, alors c’est sûrement un revendeur ! Et si tu as un doute, n’hésites pas à demander !

🐝 La Ruche Qui Dit Oui

Derrière ce joli nom se cache un réseau qui met en relation les producteurs et les consommateurs dans toute la France. Pour faire ses courses, c’est un jeu d’enfant. Il suffit de chercher la Ruche la plus proche de chez toi sur ce site, de commander ce dont tu as besoin, puis de payer en ligne. Tu pourras ensuite aller retirer tes produits dans la semaine, sur le créneau horaire proposé. Et pour ne rien gâcher, ce sont les agriculteurs et agricultrices qui te remettront ta commande. L’occasion idéale pour les rencontrer et échanger avec eux !

🤝 L’AMAP

C’est l’acronyme pour « Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne ». L’idée d’une AMAP est de mettre en relation un groupe de consommateurs (les AMAPiens) avec un ou plusieurs agriculteurs. En intégrant une AMAP, tu t’engages à payer ta part de la récolte en avance. Chaque semaine, tu vas chercher ton panier, au jour et à l’heure prévus, sans connaître exactement son contenu. C’est une véritable relation de confiance qui permet aux citadin·e·s de renouer avec le monde agricole et aux agriculteurs d’avoir un revenu assuré quoi qu’il arrive. La crème de la crème en terme d’éthique !

🛒 Les magasins de producteurs

Comme son nom l’indique, il s’agit d’un magasin créé par plusieurs producteurs qui se sont regroupés. Tu y retrouveras presque exclusivement les produits issus de leurs exploitations agricoles ou de celles d’autres agriculteurs qui ne font pas parti du groupement. Le magasin appartient aux producteurs qui se relaient pour y travailler (en plus d’un ou deux salariés en général). À Bordeaux et alentours, il y La Compagnie Fermière, mais il en existe des différents dans toute la France.

🥖 Les commerçants de proximité

Boulanger, boucher, fromager… Dans beaucoup de villes, les petits commerçants de proximité sont encore nombreux à tenir tête aux grandes surfaces. Pour vérifier que les produits sont  locaux et vendus en circuit court, n’hésite pas à te renseigner directement auprès des gérant·e·s.

 

👌 Les magasins « éthiques »

Ces dernières années, on voit se multiplier des enseignes de produits bio et les magasins vrac comme La Recharge (Bordeaux). Ils sont une bonne alternative aux grandes surfaces traditionnelles, même si tout n’y est pas forcément issu des circuits courts et de proximité. Encore une fois, prend le temps de te renseigner, de demander et de lire les étiquettes des produits.

🚙 Le Drive Fermier

Un drive fermier, c’est comme un drive de grande surface, à ceci prêt que tu y trouveras uniquement des aliments locaux produits par des agriculteurs du coin. Tu commandes et payes en ligne sur ce site, les agriculteurs livrent les différentes commandes au Drive et tu passes retirer la tienne à la date prévu. Easy !

👩‍🌾 Les exploitations agricoles

Plusieurs agriculteurs pratiquent la vente directe à la ferme. Généralement, ils ont un petit endroit ou une boutique dans laquelle tu peux venir faire tes achats. Dans certaines fermes, il y a aussi des systèmes de cueillettes. On te donne un panier ainsi qu’une zone dans laquelle tu peux récolter et c’est à toi de jouer ! Le fruit de ta récolte sera ensuite pesé et facturé au kilo, pour un prix bien inférieur à ce que tu aurais payé ailleurs puisque c’est toi la main d’oeuvre.

Le mot de la fin

Te tourner vers les circuits courts ne va sûrement pas changer la face du monde. En revanche, ça aura un impact positif à l’échelle de ta ville et de ta vie. Reprendre la main sur ton alimentation et la manière dont tu consommes, c’est une manière simple d’aligner ton mode de vie à tes valeurs. Et crois moi, ça fait du bien. Alors, tu te lances ?

💬 Bonjour Darling ne souhaite pas participer à la culpabilisation écologique. Réalise les actions proposées dans les articles « Green«  seulement si tu en as les moyens (physiquement, économiquement, géographiquement, etc.). Tu ne peux pas ? Ce n’est pas la fin du monde, l’avenir de l’humanité ne repose pas QUE sur nos choix en tant qu’individus. L’objectif n’est pas d’être parfait·e (ce n’est pas possible), mais de faire de son mieux.