Pour ce deuxième volet, je te lance un petit défi : trouver une femme qui n’a pas une histoire marquante avec ses règles ! Vas-y, je te laisse mener ta petite enquête en demandant autour de toi, j’attends patiemment ici.

Pour chasser l’ennui pendant que tu mènes ta quête de cette fameuse licorne immaculée, je te propose de procéder à une attente active et t’invite à te glisser discrètement, ou pas, dans notre feu de camp virtuel ou on se raconte nos petites histoires sanglantes qui, malheureusement, ont encore l’air de dresser les poils à de nombreuses personnes. L’ensemble de ces témoignages sont issus d’histoires vraies que j’ai collectées auprès des plus bonnes bonnes bonnes de mes Darlings, car c’est comme ça qu’on apprend les unes des autres, qu’on grandit ensemble et qu’on met en pratique ces doux préceptes de sororité dont vous parlait Ariane récemment.

Alors prends ta boisson réchauffante, ton petit plaid protecteur et plonge avec nous dans nos aventures très peu glorieuses, mais qui ont le mérite d’avoir indéniablement amorcé puis nourri les germes de la réflexion qu’on te propose aujourd’hui !

🙈 Julie, 25 ans, porte parole officieuse de la team « déni total »

Moi, je suis une chieuse. Je veux pas admettre que mes hormones peuvent vraiment influencer ce que je ressens. Je vois bien que c’est pas normal de pleurer parce qu’une fleur est en train de fâner ou que le chiot du voisin couine pour avoir à manger, ou encore parce que mon chat vient quand je l’appelle…mais je me dis toujours « Nan, mais ça a rien à voir avec mes règles ça doit être autre chose ! ».

Julie

 La dernière fois je disais à ma pote Roxane que je reconnaissais plus mon compte Instagram, que mon contenu était vide etc. Elle m’a juste dit « t’es en SPM ? ». J’ai répondu : « J’ai mes règles mais je vois pas le rapport…». #TeamDéniTotal

 

🤯 Anne-Laure, 30 ans, 3 fois championne du monde du cycle infernal

Premières règles pas très rassurantes

Je les ai eu assez tard, l’été avant ma rentrée en 1ère (15 ans et demi). C’était en plein été et si douloureux, ma grand-mère me disait que c’était les douleurs pour me préparer à l’accouchement (génial…). Les serviettes, tampons et surtout un sujet un peu tabou dont on ne parle pas vraiment donc… Tu te débrouilles. Alors j’ai évité la plage et surtout j’avais si peur de ma rentrée. De me retrouver avec ses douleurs là à l’école alors que la seule position que je supportais était la position allongée.

 

SPM et premier jour de règle

Ma vie est nulle et surtout moi… Puis je suis moche et j’ai grossi.  Et tout le monde m’énerve ! Je sors mon calendrier… Ah bah voilà ! Ça va en fait : c’est juste les SPM.

Anne-Laure

Au de la de mon humeur, j’ai ma poitrine qui gonfle et mon corps aussi, sans te parler de mes tétons qui sont durs 70% de ma journée, donc super sensibles. Et ce n’est pas comme si je ne le voyais pas arriver… Ce bouton qui est là tous les mois… Et puis… 3… 2… 1… C’est un peu comme une gastro fulgurante, je dois courir aux toilettes et je me vide un peu pour constater qu’elles sont là, c’est mon premier jour de règle. Et là c’es le début d’une journée compliquée qui, comme depuis la première fois, peut me clouer au lit de douleur. Des crampes toutes la journée et la nausée. Alors si après tout ça je n’ai mérité une bonne glace au chocolat.

Un défi supplémentaire pour le marathon

C’est un peu le rêve de beaucoup de coureurs, courir le Marathon de New-York, et j’ai eu cette chance là. Départ en bus à 5h du matin pour aller rejoindre la ligne du départ. Attendre pas moins de 5h le départ. Faire un dernier pipi et là… Mais non ! Mes règles ! Autant vous dire que je n’avais pas prévu le coup et que personne ne pouvait m’aider. Heureusement que mon legging était noir et qu’il y avait beaucoup de toilettes sur ce marathon.

👂🏼 Juliette, 30 ans, petite souris friande de potins sanglants

Ce soir, je travaillais au bar quand un jeune couple s’est accoudé au bar pour attendre.

  • 💁🏻‍♂️ “Oh tu sais, j ai deux sœurs, dans la famille ça n est pas un tabou, je pense que c’est important d’en parler, et que les garçons soient au courant.
  • 💁🏼‍♀️ “Oui, mais c’est un peu gênant tu sais, d’en parler avec toi…
  • 💁🏻‍♂️ “ Les SPM ça dépend des filles, et vous n’êtes pas toutes pareilles ! Apprends à t’écouter et à te connaître, et n’hésite pas à me parler. Je me souviens que pour l »une de mes sœurs c »était compliqué, du coup, à chaque fois on était aux petits soins pour elle. Je peux faire pareil pour toi !

Après, ils sont montés à table. Mais j ai trouvé cet instant dingue ! Le mec, qui devait avoir 25 ans avait l’air super à l’aise et au courant. Ça fait vraiment du bien, et même sa copine avait l air très surprise. J’avais envie de les suivre a table pour écouter la suite !

🤷🏻‍♀️ Laura, 28 ans, experte en protections furtives

Pour ma petite histoire, réglée à 11ans, pilule à 13 ans pour acné +++, 14 ans de pilule en tout, la moitié de ma vie… J’avais perdu contact avec dame nature pendant 7 ans avec une pilule qui stoppait les règles. Depuis 5 mois, j’ai arrêtée complètement la pilule et, oh joie, découvert enfin mon corps de femme et les hormones qui frétillent. De nature optimiste, la veille qu’elles arrivent je me tape une belle claque au moral à base de « ma vie est nulle, je suis nulle, je suis foutue » que je n’arrive absolument pas à maîtriser et que je découvre depuis peu. Surprenant le 1er, 2ème, 3ème mois et puis maintenant je l’attend presque ce moment où je peux râler un bon coup et attendant qu’elles arrivent pour repartir dans la philo la vie est belle !

N’étant plus habituée à avoir des protections périodique dans mon sac « en cas de », un matin elles sont arrivées au taff, en robe, je cale la petite sécurité du mouchoir dans la culotte quand en rentrant à ma pause dej chez moi je réalise que le bougre s’était échappé… Mystère non résolu, retrouvé dans les toilettes par mes collègues, perdu en vélo, ou au primeur du coin…? Grand malaise 10 min et je me suis dit qu’après tout c’était pas si grave et ça me fait rire plus qu’autre chose !

🙋🏻‍♂️ Sanaa, 28 ans, « comme un homme »

La fesse cachée de Mulan

Je venais de décider d’arrêter la pilule et donc mon corps mettait un peu de temps à s’ajuster. Mais jusque là rien de bien grave, j’avoue que je ne m’en préoccupais pas plus que ça pour être tout à fait honnête. Ce jour là, grosse réunion, le genre où on sort carrément des bureaux pour aller dans un gîte privatisé, isolé de tout (on captait même très mal). Il n’y avait que des directeurs et managers de programmes et de départements, tous des hommes, et moi, 26 ans à l’époque. En effet, je devais évaluer avec les directeurs et les managers du programme pour lequel je travaillais, la réalisabilité des objectifs annoncés et la mise au point du plan de levée de risque en cas de prévisions pessimistes (ce qui étaient toujours le cas dans ce genre de situations).

Donc voila, les enjeux étaient plutôt importants, et je dois avouer que j’étais plutôt fière de moi à ce moment là, d’avoir réussi à me faire une place dans cette assemblée, c’était assez improbable. Il faisait beau et j’étais de bonne humeur, alors pour me célébrer intérieurement (oui le self love, je m’y connais) j’ai décidé de mettre mon beau pantalon de tailleur blanc que j’avais acheté un an auparavant et que je gardais pour les occasions spéciales.
Je ne sais même pas s’il est nécessaire de continuer à raconter à ce stade ; je te vois déjà pressentir le drame !

Bon donc je disais, on arrive sur place, pas de connexion internet, et on capte très mal. L’objectif isolement semble bien parti ; Donc on prend le café avec le responsable du gîte, on discute un peu, il nous parle du menu du midi car on mangeait sur place pour réembrayer directement après et profiter au maximum de notre journée de travail. Avant de nous mettre au boulot,  je passe aux toilettes histoire d’être tranquille pour la matinée, et là, mon pipi semblait avoir ramené de la compagnie !

Inutile de préciser que je n’avais pas de protections hygiéniques et que je ne me sentais absolument pas de demander à ces messieurs d’aller m’en chercher dans le village voisin. Dans ma tête, ça me décrédibiliserait à leurs yeux. Mais à ce moment là, je me suis vraiment sentie rabaissée par ma propre nature, je me suis même demandé si ce n’était pas un signe comme quoi je n’étais pas à ma place…

Au final, j’ai survécu à la journée en opérant ce qu’on appelle aujourd’hui de la gestion du flux menstruelle, en serrant les fesses quoi, à support néanmoins d’une grande quantité de papier toilettes, puis papier absorbant que j’ai réussi à dénicher, et mon secret fut bien gardé… Jusqu’à aujourd’hui !

Bizarrement à ce moment là, j’ai eu une petite pensée amère pour Mulan et je me sentais un peu trahie par son enseignement subliminal qu’une « femme forte » n’existait qu’en étant « comme un homme » ; ce qui était inatteignable et profondément faux.   

Sanaa

La campeuse maudite

Depuis 2 ans, le hasard fait que chaque occasion de camping tombe pile pendant mes SPMs et pour une raison que je ne m’explique pas, en rend les effets exponentiellement plus… chiants ! Il y a un an, un ami avait organisé un weekend de fête en mode camping dans un terrain pas loin de chez ses parents. Tout le monde arrive donc le samedi et commence à s’installer mais moi je ne vais pas bien ; mais alors la pas du tout, j’ai l’impression d’avoir l’estomac en vrac et je n’arrive pas à me mettre dans une humeur festive. Mais vraiment pas, ce qui ne me ressemble d’ailleurs pas.

J’ai donc passé une grande partie de la journée allongée sur un transat, dont j’ai fait une sorte de forteresse que personne ne pouvait approcher,  pendant que tous les autres, quasiment, faisaient des activités : jeux, balades… A l’époque il y avait un gars, un des potes de mon ami, qui me plaisait un peu et à qui je plaisais aussi… Après ce weekend là, le charme fut définitivement rompu !

Ma deuxième expérience était à Garorock où je pensais vraiment que j’avais choppé la gastro le premier soir, alors qu’on était parties pour 4 jours de festival… J’étais soulagée de voir que ce n’était que mes règles le lendemain matin ; mais sur le coup, je ne les avais même pas envisagées. D’où l’importance de connaitre les phénomènes biologiques qui pourraient se passer dans notre corps, même s’ils relèvent de l’événementiel.

🔪 Ariane, 28 ans,

La reconquête d’une terre si peu connue

Mes premières années de règles ont été très douloureuses. Tous les 28 jours, je me retrouvais en position foetale sur mon lit, à attendre (im)patiemment que les crampes passent après avoir avalé les derniers cachets de ma plaquette d’Antadys (un anti-douleur costaud, sur ordonnance, bien connu des nanas). Puis, vers 15 ans, j’ai pris la pilule. Adieu douleurs…et toutes les sensations liées à mon cycle, à mon corps de femme. Il y a peu, l’année de mes 27 ans, j’ai arrêté ma pilule. Comme par magie, j’étais alors reconnecté à mon corps et à mon cycle menstruel. J’ai ressentie mon ovulation pour la première fois de ma vie et ai découvert l’existence du SPM en simultané à travers des lectures et mon propre corps.

Chez moi, c’est une grosse montée d’hormones qui chamboule mon humeur habituellement TRÈS optimiste.

En SPM, j’ai envie de tout abandonner. Je pleure devant des documentaires écolo, quand je ne suis triste sans raison ou encore en train de sangloter devant mon compagnon qui, désemparé, me demande « Pourquoi tu pleurs alors que tout va bien dans ta vie ?« . Question qui, dans des situations plus conflictuelles, devient: « Mais pourquoi t’es chiante alors que tu le sais ?!« . Sous-entendu, « tu le sais que tu es à fleurs de peau dans cette période ».  Ce qui, entre nous, revient à demander « Mais pourquoi tu as le nez qui coule alors que tu sais que tu as un rhume ?« .

Ariane

Saga d’Halloween

Côté anecdote, j’ai été marqué par une histoire digne d’un épisode de série TV spécial soirée d’Halloween. Étudiante, après une nuit torride passée chez un mec, je file en vacances et lui aussi. Quelques jours plus tard, de retour dans sa chambre sur le campus, il m’envoie un texto : « Tu avais tes règles l’autre soir ? ».

Euh…non, je n’étais pas censé les avoir. Mais c’est qu’il peut être fourbe, ce cycle menstruel, à tel point qu’il est passé maître dans l’art de nous pourrir la vie. Sur une photo envoyée directement après son message, je découvre que le lit de ce jeune homme était littéralement recouvert de sang. Mon sang. Une véritable scène de crime. Rouge de malaise, je tente une pointe d’humour noir avec une blague autour d’une histoire de meurtre…avant de me répandre en excuse, humiliée par mon propre corps. La honte.

J’espère que ces histoires t’auront aidé à dédramatiser le sujet, et surtout, que tu as l’occasion de partager les tiennes autour de toi et de te connecter par ce biais à ton environnement ainsi qu’a ton être intérieur.


📝 Et puis, si le cœur t’en dit, ou le besoin t’en prend, sache que la communauté Bonjour Darling se tient prête à accueillir ton témoignage, alors n’hésite pas à te manifester en commentaire !